LE CATACLYSME DE 1914 – 1918

Située à la frontière nord de la France, Liévin est évidemment particulièrement touchée par les combat de la Grande Guerre. Le tribut payé par la ville est considérable. Ballottées dans la tourmente, vivant dans des conditions difficiles, réfugiés dans les caves, les liévinois font montre de courage exemplaire : 600 soldats tombent au champ d’honneur, 400 civils périssent.

Le comportement des habitants vaudra à la ville de Liévin la Croix de Guerre 1914-1918. Décernée le 10 août 1920 par Alain Lefèbvre, ministre de la Guerre, elle porte la mention suivante : « La ville de Liévin, rempart de la ville de Lens, a été entièrement détruite par le canon. Malgré le nombre élevé des victimes, elle s’est toujours montrée digne et vaillante dans les épreuves et sous la domination ennemie ».

Deux sites symbolisent la dureté de ces combats : le monument canadien de Vimy et la nécropole militaire de Notre-Dame-de-Lorette.

Vimy

Dominant Liévin, la crête de Vimy était un lieu stratégique. Elle représentait un promontoire, un poste d’observation notoire du haut duquel les belligérants s’assuraient alors une maîtrise totale du bassin sur lequel elle s’ouvrait. Dès 1914, les Allemands s’en emparent. Les Alliés n’auront de cesse de la reprendre. Au cours de multiples tentatives infructueuses, 150 000 soldats alliés y trouvent la mort. En 1917, grâce à des techniques et des stratégies qui marquent un tournant dans la guerre d’offensive, les troupes canadiennes du général Byng reprennent la crête. Ce fait d’armes vaudra au Canada de signer le traité de Versailles en son nom propre.

Le monument commémoratif, érigé de 1925 à 1936, rappelle pour l’éternité le sacrifice des 66 000 Canadiens, morts pendant la Première Guerre mondiale sur le sol français. Dans un parc de 110 hectares, 11 285 arbres et arbustes évoquent les 11 285 disparus dont les noms sont inscrits sur la pierre blanche de Croatie du monument. Ce monument d’une modernité remarquable est l’œuvre de Walter Allward ; il est devenu le symbole de la nation canadienne.

Notre-Dame-de-lorette

Sur le territoire de la commune d’Ablain-Saint-Nazaire, membre de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin, est érigé un autre mémorial remarquable de la Première Guerre mondiale : la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette, qui réunit 40 058 tombes individuelles et sept ossuaires sur 25 hectares. Une tour lanterne, haute de 52 mètres avec un phare visible à plusieurs kilomètres à la ronde, a été réalisée par l’architecte Louis Cordonnier. L’association de La Garde d’Honneur de l’ossuaire de Notre-Dame-de-Lorette, qui compte 3 200 membres actifs, assure une présence permanente sur le site de la nécropole pour veiller à sa sécurité et faire vivre la mémoire qu’il incarne. La basilique, de style romano-byzantin, est décorée de fresques et de vitraux qui racontent certains épisodes de la Grande Guerre et de l’Histoire de France. Ses murs intérieurs sont recouverts de plaques de souvenir.

Ce monument commémore la bataille de Lorette qui, en mai 1915, au prix de rudes combats (100 000 morts et autant de blessés) permit au 21ème corps du général Maistre de reprendre l’ensemble du massif de Notre-Dame-de-Lorette. Des hommes « bouillants d’enthousiasme », de « bravoure merveilleuse » et « d’admirable abnégation », comme le soulignera le colonel Mignot dans un rapport sur les combats sanglants de la Grande Guerre. La première pierre de la tour lanterne fut posée par le maréchal Philippe Pétain le 19 juin 1921, et l’ensemble du mémorial ne fut achevé que dix ans plus tard.

La fonction mémorielle de ce site a été étendue d’autres conflits. Après avoir abrité les restes des soldats inconnus non sélectionnés pour l’Arc de Triomphe, cette nécropole est également le dépositaire du Soldat Inconnu 1939-1945, des cendres des déportés des camps nazis (depuis 1955), du Soldat Inconnu d’Algérie Maroc et Tunisie, et depuis 1980 du Soldat Inconnu d’Indochine.