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La déportation

Liévin et la Déportation

En 1940, après l’invasion allemande, la France est divisée en plusieurs zones d’occupation. Notre région est directement sous le joug allemand et placée sous la tutelle du Commandement militaire allemand de Bruxelles. Aussitôt, la déportation en Allemagne est utilisée pour réprimer toutes les formes d’opposition. Le premier Liévinois est envoyé dans le Reich en novembre 1940.

En mai 1941, la tension est à son apogée dans le bassin minier. Une grande grève éclate le 27 à Montigny-en-Gohelle. Elle s’étend ensuite dans les différents puits et touche Liévin, le 29. Le 6 juin, 80 % des mineurs liévinois (soit 5  017 personnes) ont stoppé leur labeur; 25 seront déportés dans les camps de la mort en juillet 1941.

Les officiers de l’Oberfeldkommandatur 670, avec le soutien des forces de l’ordre françaises et des compagnies minières qui n’ont pas hésité à utiliser la dénonciation, ont tout fait pour briser les mouvements de grève. La solution pour remédier à ce problème était toute simple : arrêter massivement et déporter. D’autres Liévinois et Liévinoises subiront le même sort.

Les camps de déportation

L’expression « camp de la mort » est ambiguë, car elle recouvre deux types de camps, dotés de fonctions radicalement différentes. On a longtemps assimilé les « camps de la mort » aux camps de concentration mis en place par les nazis dès 1933, d’abord destinés à l’enfermement d’opposants allemands, puis à celui de tous les « ennemis du Reich », c’est-à-dire les opposants et les Résistants des pays occupés par l’Allemagne entre 1939 et 1945. Ces camps visent à se débarrasser d’individus dangereux pour la domination nazie. A partir de 1942, ces camps sont dotés d’une fonction complémentaire : ils deviennent des réserves de main d’œuvre forcée pour l’industrie allemande engagée dans une guerre totale après l’échec de la Wehrmacht (NDLR : nom porté par l’armée allemande) sur le front de l’Est.

Mais il existe une seconde catégorie de lieux, que l’on désigne à tort comme des « camps » et qui sont en réalité des « centres de mise à mort immédiate », pour reprendre l’expression forgée par l’historien américain Raul Hilberg qui a été le premier à en analyser le fonctionnement. Deux camps ont associé, au même endroit, les deux fonctions, la concentration et l’extermination immédiate : Maïdanek et Auschwitz.

Ce dernier a été choisi, au début de 1942, pour devenir le centre principal de la « Solution finale », c’est-à-dire le plan des dirigeants nazis visant à exterminer tous les Juifs vivant en Europe.

Les Allemands déportent enfin massivement vers les prisons du système carcéral du Reich. En raison d’une répression allemande majoritairement judiciaire dans le Nord–Pas-de-Calais, près d’un quart des déportés liévinois connaissent ces prisons.

199 Liévinoises et Liévinois furent déportés ou fusillés par mesure de répression pendant cette période sombre et tragique de l’histoire de l’humanité.

Réalisé avec la collaboration de Jean-Marie Lequint, Président de l’Office Municipal de la Mémoire et Laurent Thiery, historien de La Coupole, auteur du livre « La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013 ».

coupole

 

Les codes suivants désignent la situation de l’intéressé au terme de la déportation :

D = disparu

DCD = mort en déportation

R = rentré en 1945

L = libéré par les Allemands à l’issue de sa peine ou par suite d’une mesure exceptionnelle

NC = sort non connu

E = évadé pendant le trajet de déportation ou d’un lieu de déportation.

Le lieu de situation correspond soit à des camps de concentration, soit à des prisons ou des kommandos de travail (il s’agit d’annexes des camps de concentration centraux).

Liste des 199 Liévinois déportés durant la seconde guerre mondiale. – Format PDF