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La 1e guerre mondiale

Liévin, ville martyre

Plus d’un demi-siècle avant la Grande Guerre, la situation géologique et les mutations économiques ont fait de Liévin une ville minière. En 1914, la société Houillère de Liévin possède treize puits d’extraction ou d’aérage et produit 2.000.000 de tonnes de houille par an, avec un effectif de 10.000 personnes. Liévin conserve toutefois une impression de ruralité : la verdure est abondante et les maisons au toit de chaume résistent à l’exploitation minière. Mais, le 3 août 1914 éclate la Première Guerre Mondiale. Ce conflit qui voit s’opposer la France et l’Allemagne, met en première ligne les villes du Nord.

En effet, après une avancée fulgurante, les Allemands surnommés «  Alboches » puis « Boches» pénètrent le 4 octobre sur le sol liévinois. Une grande partie de la population a déjà fui et les Allemands en font l’un de leur bastion. Les troupes françaises occupent les hauteurs de la ville vers l’ouest où le front se stabilise. C’est ainsi que pendant trois ans, Liévin ville phare des collines de l’Artois, connaîtra d’incessants bombardements ; jusqu’à l’ordre d’évacuation formel au début de l’année 1917. Ce furent donc trois années de combats acharnés. Liévin fut occupée par les Allemands dès octobre 1914, après les combats de Douai. Les Allemands élargirent leur conquête par la prise du plateau qui domine Lens au sud-ouest et enfin les crêtes dominant la plaine de Lens : Notre-Dame-De-Lorette et la falaise de Vimy.

Avant le mois de septembre 1915, les lignes passaient à un kilomètre des lisières ouest de Loos, coupaient du nord au sud la route et la voie ferrée de Béthune à Lens, occupaient les lisères de la cité de Calonne et s’allongeaient devant Angres par les fonds de Buval.

Le secteur se stabilisa sur ces nouvelles positions durant l’année 1916. En avril 1917, de Lens au sud-ouest d’Arras, sur un front de 30 kilomètres, les Britanniques attaquent l’ennemi. Dans la nuit du 14 au 15 avril, ils enlèvent des défenses à l’est de Liévin, depuis le bois de Riaumont jusqu’à la lisière est de la cité Saint-Pierre.

Durant ce long conflit et au cours de la reconstruction, quelques âmes bienveillantes, dont certains notables locaux, viendront soulager la souffrance des plus touchés : on peut citer les docteurs Lequette  et Piette aidés de Marie Liétard, le doyen Leroy et Arthur Lamendin.

En effet, durant ce conflit, Arthur Lamendin joue un rôle très important. En 1913, le maire Pierre Leroy démissionne ; il est remplacé par l’anarchiste Plouvier qui abandonnera son poste en 1914 devant l’arrivée des troupes allemandes.

C’est alors que la population supplie Arthur Lamendin de rester auprès d’elle. L’occupant qui a installé sa Kommandantur à la brasserie Leroy exige d’importantes indemnités de guerre. Et c’est Arthur Lamendin qui, au nom de la municipalité liévinoise, contribue à faire régler ces lourds tributs. De plus, dès le printemps 1915, il participe, avec l’aide du comité Relief for Belgium, au ravitaillement de la ville.

Les Mines liévinoises au cœur de la Grande Guerre.

Dès le début du conflit, le bassin houiller du Pas-de-Calais est coupé en deux territoires. A l’ouest, l’exploitation restée au main des troupes françaises tente de demeurer en fonctionnement. A l’est, les mines sont occupées, vouées au saccage et aux combats. Pour la société Houillère de Liévin, les fosses 2 et 5 sont incluses dans les fosses françaises, alors que les fosses 1, 3, 4 et 6 sont sous le joug allemand. C’est ainsi jusqu’en avril 1917 où les Britanniques reprennent les fosses 1, 3 et 6, puis la fosse 4 en août 1918. A la fin de la guerre, le bilan est lourd, outre les installations de surface, c’est la totalité des chantiers du fond qui est détruite, tous les puits sont dynamités. Dans la grande cuvette Lens-Liévin-Meurchin, 41 puits communiquaient, 36 ont leurs cuvelages brisés. Ainsi, le retour des populations au milieu de ces ruines se fait progressivement et la reconstruction devra se faire laborieusement.

Le 10 août 1920, la France par décision de Monsieur André Lefebvre, Ministre de la Guerre, décerna à la ville de Liévin la croix de guerre 1914-1918.

Après la Première Guerre Mondiale, le gouvernement de notre pays décida de lancer la construction d’une série de petits navires de guerre de type « Aviso ». Il leur sera donné les noms des hauts lieux de la Grande Guerre ou des villes martyrs dont Liévin.

Les lieux de mémoire à Liévin.

Le Monument aux morts inauguré en 1923, qui se trouvait auparavant rue Jean Jaurès au lieu-dit « La Haute Ville », fut déplacé en 1976 pour être installé rue Defernez.

La Maison de Tous, rue Jean-Baptiste Lebas, est un bâtiment érigé grâce à la générosité de la Croix Rouge de la ville de New-York désirant venir en aide aux régions dévastées. Elle fut inaugurée en 1928.

Le cimetière militaire anglais, situé dans l’enceinte du cimetière de la Tourelle.

 

SOURCE : Mémoire du Front 1914-1918, Magazine programme des Rencontres Européennes de l’Histoire Mondiale (2003).

 

« Les Américains et la maison de Tous »

Au début de l’année 1919, alors que Liévin ne formait plus qu’un amas de décombres, qu’il n’existait plus d’écoles et que les enfants abandonnés à eux-mêmes parmi les ruines et les engins de guerre couraient les plus graves dangers, Miss Fanniebelle CURTIS, Directrice du Jardin d’Enfants Unit et Miss ORR, Directrice adjointe, poussées par un élan de générosité, vinrent, de leur propre inspiration, demander la création d’une garderie d’enfants à Liévin.

L’autorisation obtenue, sans faire appel à aucun concours pécunier, ces Dames, admirables de dévouement, firent installer de beaux et confortables baraquements dans lesquels elles recueillent la majeure partie de la population enfantine de Liévin. Pour suivre leur œuvre, elles firent une large distribution de vêtements et de vivres aux plus malheureux, créèrent des terrains de jeux pour les aînés, des jardins d’enfants pour les petits.

Ensuite, un ouvroir fut fondé où les jeunes filles réalisent des travaux de couture, elles n’avaient aucune fourniture à payer, et le travail exécuté restait leur propriété.

Quatre années de suite, 300 à 350 filles et garçons furent réunis pendant la période de vacances, sur un terrain de jeux, où divers travaux manuels leur étaient enseignés, alternant avec des exercices physiques et la pratique des sports.

Pour l’oeuvre accomplie à Liévin, et en dix endroits différents de France depuis la guerre, Miss CURTIS, a été puissamment aidée par Miss ORR.

Financièrement Miss ORR a participé, dans une large mesure, aux dépenses de l’œuvre ; elle a pris une très grande part au travail actif, en particulier à Liévin, où elle fit de longs séjours.

Miss CURTIS et Miss ORR étaient, pour le travail, aidés par de nombreux collaborateurs telle Madame CERF, un des membres les plus dévoués du comité.

Ces Dames avaient pour devise : ‘’ Non seulement nos enfants, mais tous les enfants ‘’

Elles ont tenu à laisser à Liévin un souvenir durable de leur affection, d’abord en abandonnant gratuitement au profit de la ville les quatre baraquements du Jardin d’Enfants avec les objets mobilier le garnissant, puis en dotant la ville d’une Maison de Tous, maison d’œuvres sociales qui comprenait :

– Une bibliothèque de 5000 volumes et une salle de lecture ;

– Une salle de lecture pour les enfants ;

– Un Jardin d’Enfants ;

– Un ouvroir ;

– Un logement de concierge ;

– Une dotation de 250.000 Francs (Valeur 1926 )